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Et un petit jeu pour l'été ^__^
Mercredi 9 juillet 2008

L'invité du Salon du Livre de Paris cette année étant Israël, Le Magazine Littéraire a consacré un dossier dans son n° 474 d'avril 2008 (108 pages pour 5,80 €) qu'il est possible de feuilleter en ligne.


À noter que Le Magazine Littéraire est - comme son nom l'indique - une revue qui parle de littérature depuis 1966.


Dans le dossier Du livre aux livres : les Juifs et la littérature coordonné par Alexis Lacroix, vous pourrez découvrir des auteurs israéliens ainsi que des auteurs Juifs vivant en Europe et aux États-Unis.


Malheureusement, à part une allusion à Etgar Keret (mais en tant qu'écrivain et pas auteur de bandes dessinées) et une de ses nouvelles inédites (page 85), il n'y a rien sur la bande dessinée israélienne...


Pourtant, il y avait de quoi faire avec des dessinateurs ou des scénaristes comme Gabriel Etinzon, Uri Fink, Asaf Hanuka, Tomer Hanuka, Jens Harder, Etgar Keret, Batia Kolton, Rutu Modan (ma chronique de Exit wounds), Galit Seliktar, Gilad Seliktar, entre autres, sans compter ceux qui vivent aux États-Unis comme Miriam Katin et Art Spiegelman.


Dommage...

par Bédédazi publié dans : Israël communauté : Asie
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Lundi 30 juin 2008

Bien que « Valse avec Bachir » ne soit pas une bande dessinée mais un film d'animation, je pense qu'il a sa place ici.

 

« Valse avec Bachir » (Walz with Bashir) est un long métrage d'animation israélien (co-produit avec la France et l'Allemagne), réalisé en 2007 par Ari Folman, présenté au Festival de Cannes en mai 2008 et sorti dans les salles le 25 juin. Cette chronique de guerre, en couleur, tournée comme un documentaire avec des personnes interviewées et une voix-off, dure 1  h 27 (je n'ai pas vu le temps passer).

 

Les graphismes (ainsi que la bande son) sont complètements différents de ce qu'on peut imaginer, ils sont d'un réalisme époustouflant, alors qu'à certains moments, ce sont leurs rêves et pas la réalité que racontent les anciens soldats. Il y a aussi une fluidité étrange et des couleurs... Bon sang... Des couleurs chaudes mais avec une narration qui glace le corps, j'en suis resté pétrifié !

 

Ayant encore vu les 26 chiens sauvages aux yeux jaunes traverser la ville pour venir gronder sous sa fenêtre, un homme réveille en pleine nuit son meilleur ami, Ari, pour lui raconter ce cauchemar récurrent, séquelle de la guerre du Liban qui a eu lieu plus de 20 ans auparavant. Ari, qui est devenu cinéaste, se rend compte qu'il n'a plus aucun souvenir de cette période de sa vie (il avait 19 ans) et qu'il n'en a jamais parlé dans ses films. Il décide donc de partir à la recherche de ses amis et des autres soldats qui ont combattu avec lui pour retrouver la mémoire. Mais les souvenirs de ces hommes, parfois confus, parfois fantasmés, ou détériorés par les cauchemars, sont-ils aussi les siens ? Et la mémoire collective est-elle la même que la mémoire individuelle ? Ari retrouve peu à peu les souvenirs de son départ (sa copine venait de le quitter), de la traversée (en yacht ? À écouter « Enola gay » ?), des combats, des morts, de la peur, et puis le plus horrible : le massacre par les phalangistes des réfugiés de Sabra et Chatila car les chrétiens voulaient venger la mort du ministre Bechir Gemayel et ce sans que les soldats israéliens n'interviennent pour les en empêcher alors que leur hiérarchie était visiblement au courant. Et puis à la fin, l'irruption du réel (d'époque ou actuel, peu importe, les guerres continuent avec leurs vies brisées, leurs morts et leurs massacres).

 

Vous l'aurez compris, le film est autobiographique et fait preuve de beaucoup de sensibilité, en tout cas une volonté de se rappeler, de comprendre, de faire un travail d'introspection (j'ai lu qu'il avait nécessité 4 ans de travail), pour découvrir la vérité, même insoutenable, même liée au drame de son pays et et de sa famille, victime elle d'une autre guerre.

 

Mon seul regret : l'avoir vu en VF et pas en hébreu sous-titré, donc vivement la sortie en DVD !

 

Plus d'infos sur le film (synopsis, bande annonce, galerie photos, interviews, crédits) sur le site officiel.

 

Quelques mots sur Ari Folman et sa filmographie

Ari Folman est né à Haifa en 1962. Après avoir été incorporé dans l'armée, Ari Folman a voulu faire le tour du monde mais il n'était « pas fait pour ça » et a étudié le cinéma. Il est marié et a trois fils.

 

Les films

1991 Confortably numb (film de fin d'études, prix du meilleur documentaire en Israël)

1996 Clara hakedosha ou Sainte Clara (d'après le roman de Pavel Kohout, prix du meilleur film et du meilleur réalisateur en Israël, prix du public au Festival de Berlin)

2001 Made in Israel

2008 Valz with Bashir

 

Les séries TV

1999-2004 Shabatot vehagim (scénariste pour 7 épisodes)

2004 The material that love is made of (incluant de l'animation)

2005 Betipul (scénariste pour 1 épisode)

2006-2008 Parashat ha-shavua (scénariste, 26 épisodes)

2008 In treatment (scénariste pour 3 épisodes)

par Bédédazi publié dans : Israël communauté : Cinéma
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Jeudi 29 mai 2008

J'ai déjà parlé des dessinateurs de Tel Aviv, Batia Kolton, Rutu Modan et Etgar Keret ici.


« Exit wounds » de Rutu Modan est une bande dessinée (traduite de l'hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech) parue en novembre 2007 chez Actes Sud BD (160 pages, 20,00 €, ISBN 2-7427-7107-3).

Parution initiale en mai 2007 chez Drawn & Quarterly à Montréal.

Cette bande dessinée a reçu deux prix : Prix France Info 2008 de la bande dessinée d'actualité et de reportage et Prix Essentiel 2008 à Angoulême.


Exit wounds, c'est « l'orifice de sortie d'une blessure », c'est donc une plaie béante, une souffrance qui peut-être ne se referme pas...


Kobi Franco est un jeune chauffeur de taxi de Tel Aviv. Orphelin, il vit avec sa tante Ruti (soeur jumelle de sa mère, Aviva, morte en 1997) et son époux, Arieh, car leur fils unique, Talik, a été tué durant la guerre du Liban. Un matin de janvier 2002, Nomi Hermann, une jeune femme militaire, demande à rencontrer Kobi et lui annonce que son père, Gabriel est peut-être mort lors de l'attentat de Hadera, trois semaines auparavant. En effet, un cadavre extrêmement brûlé n'a pas encore été identifié mais Kobi ne comprend pas pourquoi ce corps pourrait être celui de son père à qui il n'a pas parlé depuis deux ans. Il appelle sa soeur aînée, Orly qui vit à New York et se lance dans une (en)quête avec Nomi, surnommée La Girafe, qui était en fait une intime de Gabriel. Un père fantasque et absent pour Kobi et que le lecteur ne verra jamais sauf sur une photo de mariage d'une parente lointaine dans les années 70.


Rutu Modan montre avec un dessin simple (mais pas simpliste) assimilé à la ligne claire et une infinie pudeur la réalité des Israéliens, comment ils essaient de vivre normalement malgré le conflit, les attentats, et de toujours garder espoir (je pense que le fait que la BD soit en couleur au lieu de noir et blanc accentue cet espoir), même s'ils sont poursuivis par la mort et la peur des bombes. Mais c'est aussi le récit de l'introspection de Kobi et l'histoire d'un amour naissant montré avec tout autant de douceur, de pudeur et même un peu d'humour.


Je voudrais m'attarder sur les messages des deux dernières images (ne pas lire si vous ne connaissez pas la bande dessinée et que vous voulez la découvrir). Sur l'avant-dernière image, un des deux chiens est encore attentif à l'intrus mais l'autre s'est sagement couché aux pieds de sa maîtresse qui tend les bras (symbole d'ouverture, d'espoir) ; l'ombre de Nomi est, comme le passé, derrière elle. Du coup, dans la dernière image, Kobi qui a toujours été méfiant, craintif, se lance dans le vide, confiant en l'avenir. Quelle belle histoire d'amour en fait !


Vous pouvez lire un intéressant entretien avec Rutu Modan sur Klare lijn international et consulter ses dessins sur la galerie HeflinReps.

par Bédédazi publié dans : Israël communauté : Bédés d'Asie
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Lundi 8 mai 2006

Batia Kolton (née en 1967) et Rutu Modan (née en 1966) sont amies et représentent l'âme de la bande dessinée israélienne moderne. Batia est directrice artistique multimédia et enseigne la bande dessinée. Rutu est illustratrice, enseigne également la bande dessinée et forme de nouveaux artistes. En 1995, elles ont fondé (avec Mira Friedmann, Yirmi Pinkus et Itzik Rennert) « Actus Tragicus », une maison d'éditions à Tel Aviv.

 

Avec cette première traduction en français de Batia Kolton, c'est le quotidien de la vie en Israël ou un univers surréaliste qui ressortent des 8 histoires qui composent « Substance profonde », publié en janvier 2005.

 

A noter que Batia Kolton a collaboré avec Lisa Bresner, qui a vécu au Japon et a écrit de nombreux livres pour la jeunesse sur le Japon et la Chine. Lisa a écrit le scénario de « Misako » (publié chez MéMo en mai 2003) et Batia l'a illustré. C'est l'histoire d'une fillette de Kyoto qui se lève tous les matins au bruit de pas d'un inconnu dans la rue mais un matin, l'inconnu ne passe pas. « Misako » a d'ailleurs été adapté au cinéma en 2004 par Lisa Bresner elle-même.

 

Chez Rutu Modan, traduite pour la première fois en français, ce sont des faits divers et des nouvelles policières qui sont illustrés dans « Energies bloquées », également publié en janvier 2005. Elle a déjà été récompensée plusieurs fois dont le « Year Award » en 1997 (jeune artiste) et le prix de la « meilleure illustratrice pour enfants » en 1998 délivré par le « Youth Department of the Israel Museum ».

Elle a de plus participé au collectif international de « Short : histoires courtes en bandes dessinées # 1 », publié lui aussi en janvier 2005, en illustrant un scénario de Etgar Keret.

 

Etgar Keret (né en 1967) est écrivain (depuis 1992), journaliste, cinéaste et professeur à l'Université de Cinéma de Tel Aviv, mais aussi dessinateur de BD (« Pizzeria Kamikaze »).

Ses romans ont été traduits chez Actes Sud dans la collection « Lettres Hébraïques » : « La colo de Kneller » en novembre 2001, « Crise d'asthme » en novembre 2002 (ré-édité dans la collection « Babel » en septembre 2005), « Un homme sans tête et autres nouvelles » en septembre 2005.

« Fou de cirque », un livre illustré pour la jeunesse (en collaboration avec Rutu Modan) a été publié chez Albin Michel en février 2005.

par Bédédazi publié dans : Israël communauté : Bédés d'Asie
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Dimanche 7 mai 2006

L'histoire d'Israël et du peuple juif est trop longue pour en parler ici, mais pour situer ce pays de façon contemporaine, l'Etat d'Israël a été créé en 1948 et est devenu une démocratie parlementaire.

 

Ce petit pays méditerranéen, coincé entre des pays arabes, se définit comme juif, et a proclamé Jérusalem sa capitale, mais cette ville n'étant pas reconnue par la communauté internationale, la capitale est concrètement Tel Aviv.

 

Pour une superficie de pratiquement 21 000 km², la population d'Israël a récemment dépassé les 7 millions d'habitants. Ceux-ci sont venus, au fil des ans, de presque tous les pays du monde, pour s'installer sur cette « terre promise » et ont adopté la langue officielle : l'hébreu. A noter qu'environ 20 % de la population est composée d'arabes (musulmans ou chrétiens).

 

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez consulter le site du Gouvernement Israélien (en hébreu ou en anglais), le site de l'Office National Israélien de Tourisme (en français) et le site du « Jewish Virtual Library », histoire et culture juives (en anglais).

par Bédédazi publié dans : Israël communauté : L'univers de l'asie
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