« Medz yeghern » est une bande dessinée de Paolo Cossi parue chez Dargaud en janvier 2009. Elle contient 144 pages (non numérotées) et coûte 9,50 € (ISBN 2-5050-0514-8), elle est
traduite par Claudia Migliaccio (Medz yeghern, il grande male) et préfacée par Antonia Arslan. Les six premières pages sont disponibles sur le site de l'éditeur.
L'auteur
Paolo Cossi naît à Pordenone en 1980 et commence sa carrière de dessinateur jeune avec « Corona, l'uomo del bosco di Erto » (Biblioteca dell'immagine) en 2002. Il enchaîne avec « Tina modotti » en 2003, « Mauro Corona, la montagna come la vita » (Corona, la montagne comme la vie), « Unabomber » et « Il terremoro del Friuli » (Le tremblement de terre du Frioul) en 2004-2005, « La storia di Mara » (L'histoire de Mara) en 2006, « 1918, destini d'ottobre » (1918, destins d'octobre) en 2007 et « 1432, il veneziano che scoprì il baccalà » en 2008.
Le livre
C'est Tito de Luca (que l'auteur remercie) qui lui a parlé le premier du génocide arménien et qui lui a donné envie d'en savoir plus. Si vous aussi, vous souhaitez en savoir plus, lisez ce « roman » graphique, témoignage noir, sombre comme le destin tragique de ces hommes, ces femmes, ces enfants, ces vieillards, déportés, massacrés, torturés, égorgés, violés, abandonnés dans le désert sans rien... Ou plutôt avec leurs seuls souvenirs, et pour certains encore un peu d'espoir.
Pendant la Grande Guerre (1914-1918), les dirigeants turcs (en particulier Enver Pacha, ministre de la défense, Mehmet Talaat Pacha, ministre de l'intérieur, et Ahmed Djamal Pacha, ministre de la marine) en profitent en effet pour nettoyer l'empire de sa population arménienne (présente depuis l'ère pré-chrétienne et convertie au christianisme au IVème siècle).
« Pas de presse, pas d'intervention des grandes puissances... Personne ne s'apercevra qu'il manque quelques Arméniens... » dit Nazim Bey (p. 15). Quelques ? Un million cinq cent mille morts... ! Peut-être plus... Et combien de familles détruites, d'exilés qui n'ont plus que leurs souvenirs et leur nostalgie ?
Paolo Cossi raconte (avec des dessins d'une grande force mais aussi d'une belle sobriété) l'indicible à travers les témoignages de jeunes gens exemplaires : Le sous-lieutenant Armin T. Wegner, soldat Allemand rétrogadé et envoyé à Bagdad car il a osé parler du génocide (« violer un secret d'état ») et qui pourra finalement révéler l'horreur grâce à ses photographies. Aram, soldat Arménien enrôlé dans l'armée ottomane, seul survivant de son unité (2000 hommes) massacrée par les soldats turcs en plein désert. Sona Kechiyan, 15 ans, seule survivante de sa famille (et peut-être même de son village), marche dans une caravane de déportés dans le désert ; à ses côtés, Sciuscik Olivyan, qui ne souhaite qu'une chose avant de mourir : revoir son fils, Aram. Murat, jeune Turc idéaliste qui, au péril de sa vie, conduit Aram dans le Moussa Dagh et qui y reste pour aider la résistance arménienne ; le peu de survivants est miraculeusement secouru par un bateau français et Murat se réfugie en Italie ou il épousera... Sona !
Medz yeghern, nom donné par la diaspora arménienne à cet événement ignoble (premier génocide du XXème siècle), signifie « le grand mal » et en effet, quel mal plus grand peut-il y avoir que de mourir « de toutes les morts du monde » ?
Que peut-on rajouter à cela ?... Peut-être ceci : la Démocratie selon Federico Tavan (p. 44)
« Demograzia - A no l'è succedút nua canaes : continua a balá.
Démocratie - Il ne s'est rien passé, jeunes gens, continuez à danser. »
Plus d'informations concernant l'Arménie sur France-Arménie, NetArménie et Nouvelles d'Arménie Magazine, entre autres.
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