Loin de moi l'idée de faire l'apologie de la mort ou du suicide en présentant ce manga mais « Le cercle du suicide » 自殺サークル de Furuya Usamaru 古屋兎丸, paru au Japon en 2002 et chez Sakka en 2005 (176 pages pour 9,95 €) mérite vraiment l'attention des lecteurs (« réservé à un public averti » prévient l'éditeur).
Voir la biographie et la bibliographie de Furuya Usamaru.
Contrairement à « La musique de Marie » qui est un
conte fantastique poétique, « Le cercle du suicide » (adaptation du film « Suicide circle »
de Sono
Shion 園子温 d'après son roman « Jisatsu sâkuru » 自殺サークル) débute avec le suicide collectif de 54 lycéennes (mains dans la mains et le sourire aux lèvres) en gare de
Shinjuku 新宿区 le 31 mai 2001.
Pour connaître les gares japonaises et en particulier celle de Shinjuku (une des plus grandes de Tôkyô, en tout cas la plus peuplée), je peux vous dire qu'un événement de ce genre bouscule réellement la vie des Japonais ! Avides d'informations, les adultes vont prendre le temps de suivre minutieusement l'enquête (du moins pendant quelques temps), et les jeunes (en particulier les jeunes filles) vont être à l'affut de la moindre rumeur, aussi invraisemblable soit-elle !
Kôda Saya la seule survivante de ce suicide collectif, obsédée par « Mitsuko » et le fait d'être encore en vie, ne trouve pas le réconfort auprès de son amie d'enfance Kyôko et va l'amener insidieusement à plonger dans la même horreur qu'elle, entraînant de nombreuses adolescentes dans sa folie et évidemment le lecteur.
Les dessins sont sombres et cruels mais beaux, réalistes et bien faits. Ils retranscrivent bien en tout cas la vie de certaines lycéennes japonaises (envie et besoin d'être vue et reconnue, souffrances et tourmentes de l'adolescence, prostitution et avortement, clubs privés, besoin d'argent, haine des autres, mal être et négation de soi, voire suicide). C'est dans ce contexte que sont immédiatement plongés les lecteurs : en sortiront-ils indemnes ? Et vous, en sortirez-vous indemne ?
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