Bien que « Valse avec Bachir » ne
soit pas une bande dessinée mais un film d'animation, je pense qu'il a sa place ici.
« Valse avec Bachir » (Walz with Bashir) est un long métrage d'animation israélien (co-produit avec la France et l'Allemagne), réalisé en 2007 par Ari Folman, présenté au Festival de Cannes en mai 2008 et sorti dans les salles le 25 juin. Cette chronique de guerre, en couleur, tournée comme un documentaire avec des personnes interviewées et une voix-off, dure 1 h 27 (je n'ai pas vu le temps passer).
Les graphismes (ainsi que la bande son) sont complètements différents de ce qu'on peut imaginer, ils sont d'un réalisme époustouflant, alors qu'à certains moments, ce sont leurs rêves et pas la réalité que racontent les anciens soldats. Il y a aussi une fluidité étrange et des couleurs... Bon sang... Des couleurs chaudes mais avec une narration qui glace le corps, j'en suis resté pétrifié !
Ayant encore vu les 26 chiens sauvages aux yeux jaunes traverser la ville pour venir gronder sous sa fenêtre, un homme réveille en pleine nuit son meilleur ami, Ari, pour lui raconter ce cauchemar récurrent, séquelle de la guerre du Liban qui a eu lieu plus de 20 ans auparavant. Ari, qui est devenu cinéaste, se rend compte qu'il n'a plus aucun souvenir de cette période de sa vie (il avait 19 ans) et qu'il n'en a jamais parlé dans ses films. Il décide donc de partir à la recherche de ses amis et des autres soldats qui ont combattu avec lui pour retrouver la mémoire. Mais les souvenirs de ces hommes, parfois confus, parfois fantasmés, ou détériorés par les cauchemars, sont-ils aussi les siens ? Et la mémoire collective est-elle la même que la mémoire individuelle ? Ari retrouve peu à peu les souvenirs de son départ (sa copine venait de le quitter), de la traversée (en yacht ? À écouter « Enola gay » ?), des combats, des morts, de la peur, et puis le plus horrible : le massacre par les phalangistes des réfugiés de Sabra et Chatila car les chrétiens voulaient venger la mort du ministre Bechir Gemayel et ce sans que les soldats israéliens n'interviennent pour les en empêcher alors que leur hiérarchie était visiblement au courant. Et puis à la fin, l'irruption du réel (d'époque ou actuel, peu importe, les guerres continuent avec leurs vies brisées, leurs morts et leurs massacres).
Vous l'aurez compris, le film est autobiographique et fait preuve de beaucoup de sensibilité, en tout cas une volonté de se rappeler, de comprendre, de faire un travail d'introspection (j'ai lu qu'il avait nécessité 4 ans de travail), pour découvrir la vérité, même insoutenable, même liée au drame de son pays et et de sa famille, victime elle d'une autre guerre.
Mon seul regret : l'avoir vu en VF et pas en hébreu sous-titré, donc vivement la sortie en DVD !
Plus d'infos sur le film (synopsis, bande annonce, galerie photos, interviews, crédits) sur le site officiel.
Quelques mots sur Ari Folman et sa filmographie
Ari Folman est né à Haifa en 1962. Après avoir été incorporé dans l'armée, Ari Folman a voulu faire le tour du monde mais il n'était « pas fait pour ça » et a étudié le cinéma. Il est marié et a trois fils.
Les films
1991 Confortably numb (film de fin d'études, prix du meilleur documentaire en Israël)
1996 Clara hakedosha ou Sainte Clara (d'après le roman de Pavel Kohout, prix du meilleur film et du meilleur réalisateur en Israël, prix du public au Festival de Berlin)
2001 Made in Israel
2008 Valz with Bashir
Les séries TV
1999-2004 Shabatot vehagim (scénariste pour 7 épisodes)
2004 The material that love is made of (incluant de l'animation)
2005 Betipul (scénariste pour 1 épisode)
2006-2008 Parashat ha-shavua (scénariste, 26 épisodes)
2008 In treatment (scénariste pour 3 épisodes)
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La kokeshi



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