« Cours, Bong-gu » est selon l'éditeur « un petit manwha » de Byun Byung-jun 변병준. Publié en Corée en 2003 chez GCK Book sous le titre « Run ! Bong Gu », ce manwha est traduit en français pour la collection « Made In » de Kana en 2005 (112 pages pour 12,50 €, ISBN 2-87129-804-1).
Voir la biographie et la bibliographie de Byun Byung-jun.
Dessinateur et scénariste, mais aussi photographe, Byun Byung-jun débute sa carrière de manwhaga en 1995 chez Doseo Chulpan Daewon avec des récits courts et lyriques comme « Premier amour » (1998) et « Princesse Anna » (2000) qui ont précédé « Cours, Bong-gu ». Depuis il a reçu plusieurs prix en Corée, au Japon et en France.
Hiver 2002, Dong-sim arrive à Séoul avec son fils, Bong-gu pour retrouver son mari (et père de l'enfant) qui n'a pas donné de nouvelles depuis des mois alors qu'il était venu tenter sa chance à la capitale. Perdus dans cette ville qui leur est totalement inconnue (c'est la première fois qu'ils quittent leur île !), ils vont découvrir avec stupéfaction une Séoul immense, tentaculaire, sale, peuplée de vagabonds, de gens sans âme, de poubelles et d'oiseaux blessés. Lorsque Bong-gu se rapproche d'une fillette qui cherche à manger dans les détritus, elle fuit et Bong-gu lui court après (référence au titre). Le grand-père de cette fillette (Hyemi), un mendiant, va les aider à retrouver l'homme qu'ils cherchent.
Comme vous le voyez l'histoire est simple, mais pas simpliste, et vous plongerez avec les protagonistes et grâce aux dessins de Monsieur Byun dans cette ville où la misère et le drame familial vous prennent aux tripes. Pour faire passer les émotions, l'auteur utilise un style narratif et des dialogues modestes mais efficaces, des pages en noir et blanc, puis en couleur, des vues urbaines en pleine page (il dessine les paysages sur ses photos, c'est très beau), un alignement des cases différent à chaque page (c'est très dynamique, le lecteur sent l'histoire avancer).
Il est amusant de remarquer que Bong-gu fait vraiment campagnard, il est engoncé dans ses vêtements d'hiver (sur son île, le climat est plus clément), il est dodu, joufflu, a les traits épais et la goutte au nez... Bien sûr, cela le rend attachant et sa maman est une jolie jeune femme, c'est pourquoi le lecteur se demande dès le début s'il est réellement nécessaire de sacrifier sa vie et sa famille pour obtenir un semblant de travail (de richesse ?) dans une ville inconnue et inhospitalière, au lieu de rester au village où il fait bon vivre, même si la pauvreté est le lot de tout un chacun.
Printemps 2003, à la fin de l'histoire, Bong-gu court après Hyemi, sur la plage de leur jolie île, et sous le regard attendri des adultes. Evidemment, cette nouvelle référence au titre montre que Bong-gu et sa famille (maintenant agrandie) ont décidé d'aller de l'avant, mais aussi que l'enfant devra « courir » toute sa vie, pour réussir, pour construire, et surtout pour aimer.
J'espère vous avoir donné envie de lire ce manhwa, de le posséder dans votre bibliothèque, et si vous voulez en savoir plus sur l'auteur, son travail (illustrations, photos), ses goûts (en particulier cinématographiques), vous pouvez toujours visiter le site de Byun Byung-jun (en coréen).
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