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Ne partez pas sans nourrir les carpes Koï !


Et un petit jeu pour l'été ^__^
Dimanche 4 juin 2006

Pour ceux qui ne connaissent pas la MAP, lire l'article correspondant !

 

Quelques récompenses que j'ai choisies parmi celles décernées de 1997 à 2004

(vous allez voir, que des grands noms !)

 

1997 : Prix d'Excellence pour « Monster » (モンスター) de Urasawa Naoki 浦沢直樹. En animation, Grand Prix pour « Princesse Mononoke » もののけ姫 de Miyazaki Hayao 宮崎駿 (studio Ghibli スタジオジブリ), Prix d'Excellence pour « Neon Genesis Evangelion » 新世紀エヴァンゲリオン du studio Gainax. En jeu vidéo, Prix d'Excellence pour « Final Fantasy VII » ファイナルファンタジ -VII de l'équipe Square.

1998 : Prix d'Excellence pour « Gon » ゴン de Tanaka Masashi 田中政志. En animation, Grand prix pour « Glassy ocean » クジラの跳躍 de Tamura Shigeru たむらしげる, Prix d'Excellence pour « Serial experiments Lain » de Nakamura Ryutarô 中村隆太郎 et « Doraemon - Nobita's south sea adventure » ドラえもんのび太の南海大冒険 de Shibayama Tsutomu 芝山努. En jeu vidéo, Grand Prix pour « The legend of Zelda - Ocarina of time » ゼルダの伝説 時のオカリナ de Miyamoto Shigeru 宮本茂 (sur Nintendo 64) et Prix d'Excellence pour « Metal gear solid » メタルギアソリッド de Kojima Hideo 小島秀夫 (sur Playstation).

1999 : Prix d'Excellence pour « Quartier lointain » 遥かな町へ de Taniguchi Jirô 谷口ジロー. En animation, « Mes voisins les Yamada » ホーホケキョとなりの山田くん de Takahata Isao 高畑勲 (studio Ghibli スタジオジブリ).

2000 : Grand Prix pour « Vagabond » バガボンド de Inoue Takehiko 吉川英治. En animation, Grand Prix pour « Blood, the last vampire » Blood, the last vampire de Kitakubo Hiroyuki 北久保弘之. En art numérique, Prix d'excellence pour « Avalon » アヴァロン de Mamoru Oshii 押井守 (film effectivement excellent ! et avec une BO extraordinaire de Kawai Kenji 川井憲次 !). En jeu vidéo, Grand Prix pour « Dragon Quest VII » ドラゴンクエストVII de Horii Yuji 堀井雄二 (et son équipe).

2001 : Prix d'Excellence pour « Real » リアル de Inoue Takehiko 井上雄彦 et pour « Le sommet des dieux » 神々の山嶺 de Taniguchi Jirô 谷口ジロー. En animation, Grand Prix pour « Le voyage de Chihiro » 千と千尋の神隠し de Miyazaki Hayao 宮崎駿 (studio Ghibli スタジオジブリ) et pour « Millenium actress » 千年女優 de Kon Satoshi 今敏, Prix d'Excellence pour « Nekojiru-so » ねこぢる草 de Sato Tatsuo 佐藤竜雄. En jeu vidéo, Prix d'Excellence pour « Pikmin » ピクミン de Miyamoto Shigeru 宮本茂 (Nintendo). Et un Prix Spécial à Miyazaki Hayao 宮崎駿 pour l'intégralité de son oeuvre (vraiment, c'est mérité !).

2002 : Prix d'Excellence pour « 20th century boys » 20世紀少年 de Urasawa Naoki 浦沢直樹 et pour « Say hello to Black Jack » ブラックジャックによろしく de Sato Syuho 佐藤秀峰. En animation, Grand Prix pour « Crayon Shinchan, arashi o yobu appare ! Sengoku dai-gassen » クレヨンしんちゃん-嵐を呼ぶ アッパレ!戦国大合戦 de Hara Keiichi 原恵一, Prix d'Excellence pour « Ghost in the shell : stand alone complex » 攻殻機動隊 STAND ALONE COMPLEX de Kamiyama Kenji 神山健治 et pour « Le royaume des chats » 猫の恩返し de Morita Hiroyuki 森田宏幸 (studio Ghibli スタジオジブリ). Et un Prix Spécial pour « Hoshi no koe » ほしのこえ (La voix des étoiles) de Makoto Shinkai 新海誠, un très beau film d'animation SF.

2003 : Grand Prix pour « Kajimunugatai » カジムヌガタイ de Higa Susumu 比嘉慂, Prix d'Excellence pour « Mushishi » 蟲師 de Urushibara Yuki 漆原友紀. En animation, Prix d'Excellence pour « Tôkyô Godfathers » 東京ゴッドファーザーズ de Kon Satoshi 今敏.

2004 : Grand Prix pour « Le pays des cerisiers » 夕凪の街桜の国 de Kôno Fumiyo こうの史代. En animation, Prix d'Excellence pour « Le château ambulant » ハウルの動く城 de Miyazaki Hayao 宮崎駿 (studio Ghibli スタジオジブリ).

 

Les noms qui reviennent le plus souvent ?

 

Pour le manga, Urasawa Naoki 浦沢直樹, Taniguchi Jirô 谷口ジロー et Inoue Takehiko 井上雄彦. Pour l'animation, l'incontournable studio Ghibli スタジオジブリ avec Miyazaki Hayao 宮崎駿 entre autres réalisateurs, ainsi que Kon Satoshi 今敏. Pour le jeu vidéo, Nintendo 任天堂 (ou ニンテンド) au fur et à mesure de l'évolution de leurs consoles. Tout cela est gage de qualité et représentatif de ce qui sort du Japon pour « envahir » les marchés asiatiques, américains et européens. Que du bonheur !

par Bédédazi publié dans : La BD japonaise communauté : Tout sur le Japon
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Samedi 3 juin 2006

La MAP ne signifie pas ici une « carte (géographique) » mais Japan Media Arts Plaza, qui se compose d'un festival et d'un musée.

A noter que le site est disponible en japonais, en anglais et en coréen.

 

Le festival

Le festival MAP soutient, depuis 1997, l'art et la création utilisant les nouvelles technologies, avec des événements, des expositions et des remises de prix.

Quatre catégories artistiques sont récompensées et plusieurs prix sont délivrés pour chaque catégorie : un « grand prix », quatre « prix d'excellence » et un « prix d'encouragement », mais aussi des « prix du jury » (une dizaine, voire plus) et un « prix spécial » pour l'oeuvre de toute une vie.

 

Dans la catégorie « Art », est récompensé un travail artistique qui utilise la technologie numérique, support visuel incluant l'animation, photographie, web design, etc.

Quelques prix 2005 pour vous faire une idée

Grand Prix à l'artiste uruguayen Alvaro Cassinelli pour « Kronos Projector », où vous touchez un écran avec le doigt pour transformer l'image.

Un des Prix d'Excellence pour Hochi Kazuhiro 発智和宏 (qui sort de l'Université d'Arts Tama 多摩美術大学) pour « Anima » アニマ, un court métrage d'animation (présenté en support visuel) où une femme nue danse, seule sur terre, pendant plus de 3 minutes avant de s'écrouler de fatigue.

 

Dans la catégorie « Entertainment », il faut présenter un travail de divertissement qui utilise la technologie numérique, jeu vidéo, équipement de jeu électronique, support visuel, etc.

Quelques prix 2005 pour vous faire une idée

Grand Prix à l'artiste colombien, Juan Carlos Ospina GONZALEZ pour « Flipbook ! », un site où tout le monde peut créer facilement une animation simple.

Un des Prix d'Excellence pour l'équipe de développement du jeu « NintenDogs » ニンテンドグズ (sur la console portable Nintendo DS).

 

Dans la catégorie « Animation », est acceptée l'animation utilisant les méthodes traditionnelles ou la technologie numérique, animation longue (film, série TV, OAV), court-métrage, etc.

Quelques prix 2005 pour vous faire une idée

Grand Prix à Sakakibara Sumito 榊原澄人 pour « Flow » 浮楼 un court métrage d'animation, qui présente d'un point de vue fixe une ville au fil des saisons.

Des Prix d'Excellence pour des longs métrages d'animation comme « The book of the dead » 死者の書 de Kawamoto Kihachiro 川本喜八郎 (80 ans !) ou « Kamichu ! » かみちゅ! de Masunari Koji 舛成孝二 (bah... seulement 40 ans !).

 

Dans la catégorie « Manga », tout ce qui concerne le manga peut être présenté, manga complet ou projet de manga, scénario, manga en quatre cases (« yonkoma » 四コマ), panneau de dessins, manga en ligne, manga indépendant, etc.

Une sélection des prix de 1997 à 2004 et tous les prix 2005 !

 

Le musée

Le musée conserve bien sûr des oeuvres, mais il organise aussi des expositions, des conférences, des interviews, etc. Sur le site, vous pouvez consulter les archives « artribute » de 2004, 2005 et l'histoire de l'art « artistory » par decennies, 1950, 1960 (dont « Astro Boy » 鉄腕アトム), 1970, 1980 (dont « Akira » アキラ), 1990 et 2000 (dont « Aibo », le chien de Sony), et dans la rubrique « information » des photos du musée (extérieur et intérieur) ainsi que les événements 2006.

par Bédédazi publié dans : La BD japonaise communauté : Tout sur le Japon
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Vendredi 2 juin 2006

Pour faire connaître leurs titres et les nouveautés, certains éditeurs publient un petit magazine en couleur, bien souvent distribué gratuitement en librairie ou téléchargeable sur Internet au format PDF.

 

Asuka édite « Shinkan News », un mensuel de 8 à 12 pages au format manga qui, depuis février 2006, annonce les nouveautés et propose infos et extraits. En mai, Asuka annonce une nouvelle formule de 32 pages (pour le n° 5 de juin), avec bien sûr toujours des infos mangas, mais aussi artbooks, DVD, CD et cinéma.

 

Casterman offre deux publications, ainsi que BDzine consultable sur Internet, avec des dossiers, des interviews, des « avant-goûts » (prépublications) et des actualités. Depuis l'automne 2002, le journal « Castermag' » donne les infos BD et manga de Casterman, brèves, actualités, interviews, expos, dédicaces et futures parutions, ceci sur 8 pages. Plus récent, le bimestriel « Tsûshin, les Nouvelles de Sakka », né fin 2005, est juste une page A4 en recto-verso, reconnaissable à sa couleur orange, où sont présentées rapidement les nouveautés de « Sakka, l'autre manga ». Je me demande si l'éditeur fera la même chose pour « Hanguk », la collection coréenne ?

 

Delcourt fait fort avec deux bimestriels promotionnels, distribués gratuitement dans toutes les bonnes librairies. « Tankôbon » présente exclusivement les nouveautés Akata. Ce fascicule de 12 pages, au format A5 agréable à lire, est également téléchargeable sur le site de Delcourt. A l'heure où j'écris cet article, le numéro en cours est encore le n° 11 de mars - avril 2006, avec « Fragment » きみのカケラ en couverture. Plus conséquent est le « Planète Delcourt », un bimestriel de 44 pages avec des news, des fiches BD dont manga (d'un côté les infos et la couverture, de l'autre deux pages d'extraits), et « Le P'tit Planète » au centre avec 4 pages « jeunesse ». A noter que le n° 32 de mars - avril 2006 fête les 20 ans de Delcourt (bon anniversaire, Delcourt !).

 

Dybex propose « Manga Wave », un mensuel promotionnel édité depuis août 2003, disponible gratuitement soit dans les boutiques manga et anime soit en téléchargement sur le site, mais apparemment, il s'est arrêté... (voir le podcast MangaWave TV).

 

Soleil édite « Soleil Previews », un bimestriel gratuit (il est possible de s'abonner) de 32 pages, présentant des dossiers, des extraits et en guise de poster le calendrier des sorties. Mais le dernier numéro que j'ai est le n° 10 de janvier - février 2006 et je ne sais pas si ce magazine continue...

 

Taïfu Comics édite depuis février 2005 « Jôhôshi », « le chibi journal d'infos » (12 numéros téléchargeables dans les goodies), qui devient « Taïfu News » avec le n° 13 d'avril 2006, un dépliant mensuel qui informe des nouveautés manga de Taïfu Comics et DVD de Taïfu Vidéo.

 

De plus, Dargaud - Lombard édite « Avant Première » qui présente les nouveautés BD et Kana. Il peut être envoyé à domicile et une partie est consultable sur le site.

 

Il y a encore un autre magazine, c'est « Canal BD ». Ce bimestriel ne dépend pas d'un éditeur mais d'un collectif de 140 librairies indépendantes, regroupées en Association des Libraires de Bandes Dessinées. Ce joli bimestriel de 48 pages présente des rubriques (têtes d'affiche, gros plan, coups de coeur, sélection, dernière séance, manga, autour de la BD), des interviews, l'intégralité des sorties (classées par éditeurs) et la liste des librairies membres (classées par régions et pays).

 

Voilà, j'espère que je n'en ai pas oublié !

par Bédédazi publié dans : Magazines manga & anime communauté : Bédés d'Asie
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Jeudi 1 juin 2006

« Larme ultime » 最終兵器彼女 de Takahashi Shin 高橋しん(), est un seinen d'anticipation en 7 tomes publié au Japon chez Shogakukan de 2000 à 2002, et en France chez Delcourt entre janvier 2003 et février 2004.

 

Voir la biographie et la bibliographie de Takahashi Shin.

 

Petites remarques sur le titre japonais

« Saishû heiki kanojo » se compose de « saishû » 最終 « dernier » (ultime), de « heiki » 兵器 « arme », et de « kanojo » 彼女 « elle », concrètement « l'arme ultime, elle ». Les Japonais donnant souvent un surnom affectueux aux séries, le titre est écourté en « Saikano », sous-entendu « la dernière elle ». Bien que ce terme de « saikano » ne signifie rien de spécial, il est curieux de noter que « saika » est un mot utilisé pour « demander la sanction de l'Empereur », donc quand on y rajoute « no », cela devient « la sanction de », ce qui se rapporte tout à fait au contenu de la série !

 

Petites remarques sur le titre français

Il y a bien sûr un jeu de mots avec « Larme » et « L'arme », Chise se transformant en arme bien malgré elle, et versant beaucoup de larmes. C'est donc un choix judicieux de l'éditeur d'avoir choisi comme titre « Larme ultime » plutôt que « L'arme ultime », qui faisait trop... facile ! Le sous-titre est « Le dernier chant d'amour sur cette petite planète », et vous verserez certainement une « petite larme » !


Petites remarques sur la série animée

Les dessins du manga peuvent paraître brouillons à certains (c'est le style de Takahashi Shin) mais l'anime élaboré par le studio Gonzo en 2002 (13 épisodes de 25 minutes chacun) est vraiment très bien fait, dessins, couleurs, animation, musique, ambiance, humour, sentiments, tout y est. A noter que j'ai vu l'anime avant de lire le manga mais que cela n'a rien retiré à la force de cette histoire. Le titre américain de l'anime qui insiste sur le pronom personnel « elle », « She, the ultime weapon » retranscrit bien le titre original.

En France, l'intégrale de l'anime est sortie en VO sous-titrée avec le titre « L'arme ultime » chez Déclic Images (éditeur qui propose également un dossier spécial avec vidéos et audios) :

- d'abord en édition simple (4 DVD, pas de bonus) le 18 décembre 2003 (une critique sur DVD Anime)

- puis en édition collector (4 DVD + nombreux bonus sur un DVD supplémentaire) le 22 novembre 2004 (une critique sur DVD Anime).

 

Et des infos sur le film !

Le film « 最終兵器彼女 The last love song on this little planet. » est sorti au Japon le 28 janvier 2006, avec dans le rôle de Chise, Maeda Aki 前田亜季, née le 11 juillet 1985 à Kanagawa 神奈川, chanteuse (2 albums, 1999 et 2000) puis actrice (elle a joué entre autres dans « Battle Royale, I et II » et a prêté sa voix à Yuki dans « Neko no ongaeshi » 猫の恩返し). Le DVD est prévu au Japon pour le 21 juin 2006.

 

L'histoire

Ce n'est pas avec l'héroïne, Chise que le lecteur fait d'abord connaissance, mais avec son petit-ami, Shûji (surnommé Shû-chan) qui est le narrateur, aussi bien dans le manga que dans l'anime. Quand Chise apparaît, le lecteur est d'emblée amené à penser qu'elle est « mignonne » car elle s'excuse sans cesse (« gomen nasai » ごめんなさい, « gomen » ごめん ou « gomen ne » ごめんね, « pardon », sont d'ailleurs très souvent entendus dans l'anime !), ce qui la rend attachante mais pénible aux yeux de son amoureux. Cela peut vous paraître un détail mais c'est important par rapport à ce qu'elle est : petite, timorée, empotée, maladroite, lente, faible, pas douée sauf en histoire du monde (ce qui n'est « pas d'une grande utilité dans la vie » sic !), elle dit « je veux devenir forte », et ce qu'elle va être obligée de devenir (ça, pour sûr, elle va devenir forte !!!). Enfin, tout ça, ce sont les avis de Shûji qui n'est pas exemplaire non plus : il ne sait pas ce qu'un garcon doit faire quand il sort avec une fille, il gaffe, il la traite souvent de « baka » ばか (stupide, bête), il la fait pleurer, ses copains doivent lui conseiller le cinéma, l'aquarium ou une virée à Sapporo 札幌... Typique du jeune japonais, maladroit, timide, complexé et un brin moqueur ! Un petit dialogue amusant, page 22 du tome 1. Shûji : « Dis donc, t'es vraiment accro aux mangas, toi... Si t'en lis trop, tu vas devenir bête. » Chise : « Pa... pardon ». Shûji : « Oups... n... non, y a pas de problème. Prends ton temps. Les mangas, c'est vraiment génial. » Dialogue qui montre bien le mode de dérision de l'auteur.

Apparemment donc, tout va bien et on a l'impression d'avoir entre les mains une jolie histoire d'amour (le couple tient même un journal commun, c'est très courant au Japon), le jeune homme et ses amis vont au lycée dans une petite ville de Hokkaidô 北海道, le décor paraît idyllique, mais... On se rend vite compte qu'une guerre mystérieuse détruit l'humanité et on se demande pourquoi l'île de Hokkaidô a été jusqu'alors épargnée. D'ailleurs lorsque Shûji déclare à Chise « Nous allons nous aimer » (phrase qu'il prononce régulièrement et qui est également en en-tête du tome 1), on comprend malheuseusement à la lecture de « Saikano » que cela se transforme dans la réalité en « Nous allons nous détruire » ! L'auteur veut montrer que « amour » et « destruction » sont parties indissociables de l'humanité... Et lorsque la mort frappe lors d'une journée shopping à Sapporo puis qu'il voit une Chise transformée devant lui, Shûji devient adulte, à ce moment-là, mais il sait qu'il est déjà trop tard et que c'est la fin. Pourtant, la vie continue (comme si de rien n'était ?), le chapitre 3 débute comme le chapitre 1, la montée de la « côte infernale » pour aller au lycée, Chise toujours aussi faible et mignonne, mais Shûji a changé, il est devenu homme et il a pris une décision importante, continuer d'aimer Chise malgré ce qu'elle devient, une arme entre les mains de riches militaires, soucieux de contrer l'ennemi (mais qui est l'ennemi ?), soi-disant en préservant la population...

Je ne veux pas vous en dévoiler plus, il faut lire le manga et découvrir ce à quoi Chise et Shûji vont être confrontés, leurs questionnements, leurs inquiétudes, leurs souffrances, et aussi les peurs, les joies et les espoirs de l'humanité à travers leur amour (simple et sincère), leur évolution, la tentation de l'infidélité, le fait d'être accaparé par le travail de Chise, leur fuite éperdue dans le nord à la recherche d'une ville encore habitée, leur « lune de miel » (c'est comme un cadeau de la vie que Chise devienne femme avant de devenir arme ultime), leur vie de couple apparemment normale, leur complicité, leur force face à la maladie, l'importance des petits riens de la vie, la mémoire des êtres aimés (cependant, il y a peu de personnages, Chise et Shûji semblant comme seuls au monde) et des lieux (à la fin, Shûji retourne à l'observatoire de leur ville natale, là où ils ont échangé leur premier baiser) et puis la fin, mais vraiment La Fin... Dans ce manga apocalyptique, beau et cruel, il y a énormément d'émotion, beaucoup de tristesse aussi, de l'amour, un puissant message adressé à l'humanité toute entière et puis un faible (comme Chise ?) espoir « Nous allons vivre ».

 

A la fin des tomes, vous pourrez lire une bibliographie des ouvrages (principalement militaires) que l'auteur a utilisés pour créer ce manga et sa liste d'inspiration avec ce qu'il a vu et lu pendant la création de cette histoire. Il y a aussi un message personnel de Takahashi-san heureux de présenter sa première « histoire d'amour », un tableau d'utilisation des suffixes « san » さん, « chan » ちゃん et « senpai » せんぱい (先輩), des clés de compréhension, et dans le dernier volume une postface conséquente écrite par l'auteur.

 

 

A découvrir la nouvelle série de Takahashi-san : « Fragment » きみのカケラ dont le tome 1 est paru début mai chez Delcourt (tome 2 prévu mi-juillet), série en cours au Japon (5 volumes sortis depuis 2003), une histoire fantastique avec des enfants, c'est joli et mignon. Couverture, focus et extrait dans « Tankôbon » n° 11 de mars - avril 2006) et des images sur le site de Takahashi Shin, en japonais.

 

Suite au courrier et aux questions de Lone², un autre article est disponible ici.

 

 

 

par Bédédazi publié dans : Mes lectures manga communauté : Tout sur le Japon
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