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Jeudi 16 novembre 2006

« Jacarandá » ジャカランダ est un seinen de Shiriagari Kotobuki しりあがり寿 paru en octobre 2006 dans la collection Kankô de Milan dans un beau format relié de 318 pages pour 11,00 € (ISBN 2-7459-2385-4). Au Japon, ce manga est paru en juin 2001 chez Seirinkogeisha après avoir été prépublié dans le magazine AX.

 

Voir la biographie et la bibliographie de Shiriagari Kotobuki.

 

Un beau jour, un immense arbre pousse dans la rue et détruit Tôkyô très rapidement : l'histoire est toute simple mais le traitement apporté par Shiriagari Kotobuki est plus complexe puisque l'auteur oscille entre le drame et l'humour qui le caractérise généralement. Ainsi certains lecteurs m'ont dit qu'ils ont préféré consulter la postface avec l'entretien de l'auteur et les explications de Julien Bastide avant de se lancer plus avant dans la lecture du manga. Je les comprends mais pour ma part (et comme j'aime bien lire dans l'ordre), j'ai d'abord lu le manga - qui m'a laissé sans voix - et ensuite la postface très intéressante car elle apporte des explications complémentaires utiles au lecteur qui veut mieux connaître l'univers de Shiriagari-san.

 

Revenons un peu au déroulement de l'histoire et aux dessins. Si vous préférez lire le manga sans que trop d'éléments vous soient dévoilés, ne lisez pas les paragraphes suivants !

 

Première image, un train, ça bouge, de toute façon Tôkyô bouge toujours, dans les deux sens du terme (vie quotidienne et... secousses).

 

Le « ça bouge » de la vie quotidienne

Dans le train, un pauvre vieux s'écroule sous les moqueries et insultes de jeunes, écrans géants, voix off, scandale (court, très court), c'est inadmissible, la jeunesse est trop libre, trop violente et écervelée, info suivante, une idole se lance un nouveau défi, et patati et patata. Dans cette ville immense, tout va vite, tout s'oublie, très rapidement, voix off, écrans géants, écrans multiples, surabondance d'informations en tout genre, accélérations, effectivement ça bouge.

 

Le « ça bouge » avec l'élément « naturel »

Une fillette remarque un trou au milieu de la route et appelle sa maîtresse qui ne voit rien, aveuglement, ignorance, j'm'en foutisme. La fillette est pourtant persuadée d'avoir bien vu, elle se retourne, elle vérifie, mais qui va la croire, qui va faire attention à un tout petit trou, ici ça bouge, tout le temps, chaque jour. Cependant le phénomène s'amplifie, un bourgeon sort de terre, la route se fend, sur une grande longueur, premiers accidents de voiture, alors que pour d'autres la vie continue, manger, boire, parler. Mais tout s'accélère, le bourgeon grandit, il est maintenant sur tous les écrans de télévision, questions sans réponse (Qu'est-ce que c'est ? D'où vient-il ?), une maison détruite, à plusieurs endroits l'eau et le gaz n'arrivent plus, explosions, mort, peur, panique générale. Tout cela pour en arriver où : plus l'arbre grandit, plus le chaos s'installe et les dessins sont de plus en plus noirs, certains pourront avoir l'impression qu'ils sont bâclés, mais pas du tout, le chaos, comment peut-on dessiner le chaos ? Eh bien, Shiriagari Kotobuki crée quelque chose d'incroyable (une page en cases verticales et une page en cases horizontales en vis-à-vis) et au fur et à mesure que l'arbre s'élève, la ville tombe, le lecteur tombe aussi, vertiges, chute, enfer sur terre, noirceur sans fin, regards hagards, apeurés, fous, c'est fini, c'est la destruction, la mort, plus aucun espoir. Or, dans la postface Shiriagari-san explique qu'il désirait faire une histoire différente de « Hakobune » (2000) qui montrait la fin du monde, qu'il aurait voulu utiliser l'humour et qu'il a préféré que « Jacarandá » soit une renaissance.

 

Le « ça bouge » du renouvellement, de la renaissance donc

Tiens ça s'éclaircit, ah il pleut, la pluie va nettoyer tout ce carnage et le soleil se lève, c'est magnifique, il y a même des survivants, joie, liesse, c'est beau, c'est grand, c'est empli de superbes fleurs (mêmes cadrages : vertical, horizontal, pleine page). Allez, on s'agenouille, on rend grâces, on remercie d'être en vie. Et puis on se rend compte que la catastrophe n'a touché q'une partie de Tôkyô (pages 299 et 300), qu'est-ce que c'est par rapport à la Terre (page 301 et 302), par rapport à l'univers (page 303) ? Bah, ça fera la une des journaux pendant plusieurs jours, peut-être plus, fin.

Fin ? Vous y croyez, vous ? Connaissant le Japon, reconstruction, travail, fourmillière, la vie reprend le dessus, bien sûr les familles pleurent leurs morts, culte aux ancêtres, puis d'autres naissances, d'autres jeunes ou vieux, d'autres trains, d'autres morts, la vie suit son cours.

 

Finalement, c'est bien avec humour que Shiriagari a traité « Jacarandá » !

 

Quelques mots sur les 14 pages de la postface

Après une lettre datée de mai 2005 où l'auteur donne quelques informations sur son manga et le jacarandá et s'excuse d'avoir détourné la beauté de ce « bel arbre d'Amérique du Sud » pour un récit d'horreur, vous pourrez lire un entretien avec Shiriagari Kotobuki puis le récit d'une rencontre de Julien Bastide et enfin découvrir « l'univers manga » (extrait de l'exposition consacrée à l'auteur lors du Festival de Bande Dessinée d'Angoulême 2006).

par Bédédazi publié dans : Mes lectures manga communauté : Tout sur le Japon
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Mercredi 15 novembre 2006

Il y a plusieurs mois, je vous présentais la nouvelle collection Hanguk de Casterman. Quelle bonne idée de Casterman de publier des manhwas innovants et vraiment différents de ceux publiés chez les autres éditeurs ! Voici enfin ma première chronique de lecture de Hanguk.

 

« L'amour est une protéine » de Choi Kyu-sok est un des deux premiers manhwas publiés dans la collection Hanguk. Paru en juin 2006 (en même temps que « Lotto blues » de son ami Byun Ki-hyun), cette bande dessinée coréenne contient 173 pages et coûte 13,75 € (ISBN 2-203-37704-6).

 

A savoir que le titre original de ce recueil est « Sad homage to Dinosaure Dooly », du nom d'un animal célèbre en Corée, mais inconnu en France, c'est pourquoi le titre d'une autre nouvelle fut choisi pour les lecteurs francophones.

 

Voir la biographie et la bibliographie de Choi Kyu-sok.

 

Ce manhwa est un recueil de récits, tous dessinés avec des styles différents, ce qui m'a agréablement surpris et vraiment plu.

 

« L'amour est une protéine » 26 pages, couleur

Trois étudiants affamés (ou bien sont-ce des dessinateurs ? L'auteur et ses amis ?) qui vivent en colocation arrivent à réunir 9 000 wons pour commander un poulet rôti. Lorsque le livreur (un cochon) vient, il est poursuivi par le patron de « A la cuisse de poulet » (un coq qui n'est autre que le père de la volaille tout juste rôtie). Surréaliste, n'est-ce pas ? A se sentir coupable de casser sa tirelire et de manger du poulet... Ce malheureux Dakdoli, si jeune, qui - loin de penser qu'il allait un jour être dévoré par d'affreux humains - ne rêvait que d'une chose : voler comme les autres oiseaux. Mais quoi de plus naturel pour un oiseau de voler et pour des humains (omnivores) de manger (des protéines) ? Ce qui est surprenant et amusant, ce sont les détails : un des jeunes dessine, l'autre fait « cloc » avec du plastique à bulles et le troisième est carrément dans l'ordinateur, visez l'austérité de leur appartement et la montagne de vaisselle dans l'évier, voyez le cochon (avec sa main d'acier) horrifié par la tirelire éventrée mais qui réclame tout de même les 100 wons manquants, appréciez l'humour (potache) et la tendresse à la fin de l'histoire (vole petit oiseau, vole !). Mon passage préféré ? Celui où le cochon-tirelire répare son ventre béant en se scratchant avec du gros scotch vert (scotch d'ailleurs réutilisé pour le petit ballon). La morale de cette comédie noire ? Aimons ce que nous mangeons car cela devient nous (cela m'a fait penser au discours de la série animée japonaise « Arjuna »).

 

« Cocaman » 30 pages, NB (co-illustré par Seo Kyong-sun)

Ici la repentance a une place encore plus importante que dans le premier récit. Dong-wook plus intelligent que les autres garçons du village utilise Park Tcheon-soo (un handicapé mental surnommé Cocaman parce qu'il fait tout ce qu'on lui demande en échange d'une bouteille de coca) pour jouer à un jeu de son invention où il faut lutter contre des extra-terrestres envahisseurs. Dong-wook s'en lasse rapidement mais les conséquences (vol, mort, internement) dépassent le jeu d'enfants et il se rend compte tardivement que Tcheon-soo bien que handicapé mental est avant tout un être humain. Le fait que cette histoire soit dessinée en noir et blanc la rend évidemment plus dramatique, plus poignante et seules l'église (page 57 en bas et page 59 en haut) et les larmes (page 60 en bas) viennent réconforter de la culpabilité et de l'horreur passée.

 

« Dinosaure Dooly » 31 pages (postface de Kim Su-jeong), NB

Cet hommage au héros créé par Kim Su-jeong est un récit sombre et un peu plus compliqué du fait que les lecteurs européens ne connaissent pas l'univers du dinosaure Dooly. C'est une histoire de vengeance (Monsieur Ko vend au centre d'études spatiales le clown Downer, extra-terrestre, ami de Dooly) mais pas dénuée d'humour (sur la pancarte de l'autruche, page 76 en bas, on peut lire « Byun Ki-hyun est passé ici ! »). Personne ne pourra (ne voudra) aider Dooly, ni son patron qui le renvoie, ni Totchi l'autruche orgueilleuse vendue au zoo, ni Michael l'ami militaire, et encore moins Ko Chol-su qui a besoin d'argent et qui est prêt à le trahir lui aussi.

 

« Léviathan » 12 pages, couleur

J'aime beaucoup ce conte ironique en 12 dessins (un par page) qui narre l'histoire d'un royaume « extrêmement banal et humain » où la vie suit son cours jusqu'au jour où un révolutionnaire convainc le peuple de se rebeller. Evidemment tout le monde est d'accord avec lui et le jeune homme tue le « Bon Roi » puis, grâce à un « sage », il installe au pouvoir Léviathan. On peut voir dans ce récit de nombreuses choses, dont le Cheval de Troie (le révolutionnaire dans le gateau offert par le peuple), la Révolution (la mise en place d'un système à la place d'un autre sous prétexte que le peuple sera plus heureux), et bien sûr la trahison, le meurtre (régicide, déicide), la facile manipulation du peuple, la fausse sagesse et enfin le mensonge du bonheur universel et la liberté perdue. A méditer.

 

« Ma décision » 30 pages, couleur

Le découpage des premières images est surprenant. En passant par les souvenirs de Jin-suk (enjoué et amical) avec son ami d'enfance Jung-hoon (introverti et entêté), l'auteur fait apparaître les inégalités sociales que subit une certaine partie de la population : pour payer ses études, Jin-suk travaille sur un chantier (celui pour la Coupe du Monde de Football) mais des locataires de logements insalubres refusent d'être expulsés et déplacés. Jung-hoon est parmi eux. Quelle décision va prendre Jin-suk ?

 

« Aiguille de pin » 33 pages, NB (co-illustré par Seo Kyong-sun et Jung Hyun-uk)

Ce récit a obtenu la médaille d'or du concours des jeunes dessinateurs dans la catégorie « manwha pour adultes » organisé par l'éditeur Seoul Munwhasa en 1998 et il le mérite amplement car les dessins sont magnifiques. A une époque lointaine où les hommes se demandent si le soleil va bien revenir le lendemain, le chaman règne sur le village avec ses cérémonies et prières afin que « le chaos ne surgisse pas ». Mais son fils cadet Sol pose trop de questions sur les éléments naturels, ce qui va mettre en danger non seulement le village mais aussi la position du chaman et de sa famille. Laisser la communauté dans l'ignorance pour régner ou accepter que certains puissent observer et comprendre, telle est la question.

 

 

« Le bal masqué » 5 pages NB

Sous prétexte d'être masqués, des humains tout moches se conduisent comme des bêtes sous l'oeil de l'un d'eux qui ne participe pas à leur débauche mais lorsque celui-ci tombe le masque et se redresse pour agir en humain...

 

J'ai vraiment l'impression que ces 7 histoires racontent la société coréenne et peut-être la société humaine tout simplement, avec ses besoins (vitaux ou créés) et ses sentiments, ses joies et ses peines, ses erreurs et sa conscience (ou son inconscience), ses trahisons et ses crimes (nombreux et souvent irréparables), ses croyances et ses bouleversements (désirés ou imposés). J'ai hâte de lire « Le marécage » parce que des amis m'ont dit que ce nouveau recueil est encore mieux !

par Bédédazi publié dans : Mes lectures manhwa communauté : Tout sur la Corée
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Mardi 14 novembre 2006

Zhang Leping (1910-1992) - célèbre manhuajia, auteur de « Sanmao » 三毛

Zhang Xiao Yu - manhuajia, auteur de « Envol, L' » - Xiao Pan

« Zone céleste, La » (ou « The celestial zone ») 天界無限 ou 天界无限 - manhua de Wee Tian Beng - éditions du Temps, collection Toki

par Bédédazi publié dans : Lexiques chinois communauté : Tout sur la Chine
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Mardi 14 novembre 2006

« X girl » - série taiwanaise en 2 tomes de Chang Sheng - Paquet

xiangqi 象棋 - jeu d'échecs chinois

Xiao Pan - éditeur de manhua en langue française (site officiel)

XinHua Book - éditeur de manhuas basé à Hong Kong

par Bédédazi publié dans : Lexiques chinois communauté : Tout sur la Chine
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Mardi 14 novembre 2006

« Yong shi » - film d'animation produit par la Shanghai Film Group pour les 80 ans de l'animation chinoise

You Feng - éditeur (et librairie) qui publie de la littérature et des utilitaires sur l'Asie

Yu Chan - célèbre épée de la mythologie chinoise

Yu Yan Shu - dessinateur et scénariste de « Step » - Xiao Pan

par Bédédazi publié dans : Lexiques chinois communauté : Tout sur la Chine
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